Alors, c'est pour quand ?

12 septembre 2011

Les Mots des Forums n°1 : Zozo

Quiconque sera allé traîner sur un forum consacré à l'infertilité, soit pour y trouver des informations (ce que j'espère être la catégorie la plus courante), soit pour se moquer, en tant que personne automatiquement fertile (et dieu sait qu'on en connaît) de ceux qui éprouvent quelques difficultés à concrétiser une envie d'enfant qu'eux-mêmes n'ont pas eu de difficultés à concrétiser (la plupart ne connaissent même pas l'existence de ces magnifiques lieux d'entraide, c'est dire si ceux qui viennent pour se moquer ont vraiment un esprit tordu, et surtout, si ça se trouve on en connaît), donc, je disais, quiconque sera allé traîner un jour sur un forum consacré à l'infertilité, aura remarqué qu'il existe un vocabulaire spécifique dans ces lieux virtuels.

J'essaye donc de constituer un dictionnaire, pour que personne se se sente perdu en lisant un message du genre : « après le rendez-vous chez la gygy, où on a étudié les résultas du spermo, on s'aperçoit que les zozos de mon zhom sont pas typiques, et qu'on doit donc faire une ICSI. Il reste quelques pds à faire, et après c'est parti pour mon ttt. »

Notre premier mot sera : « ZOZO »

Les citations :

« je veux commencer à aider les zozos de mon homme... » 

« 10% de zozos typiques »

La définition :

Vous l'aurez compris, dans le vocabulaire des forums sur la fertilité, zozo veut dire « spermatozoïde » tout simplement. Il s'agit d'une contraction imagée et pratique du mot. Tout simplement parce qu'on peut facilement identifier un spermatozoïde à un zozo (ça c'est pour l'image) et parce que les autres contractions possibles et mignonnes (parce qu'il faut aussi que ça soit mignon, donc obligation de doubler la syllabe) auraient pu être : « spersper » (pas pratique), « mama » (connoté), « toto » (pas dans l'image) et « zoïdezoïde » (un peu dur à dire). A noter qu'on trouve aussi trace pour désigner le petit être, du mot « spermato », plus transparent.


Je suis enceinte et je n'aime pas ça


S.O.S Maux de grossesse aux maternelles ! par Katrin_Acou-Bouaziz

 

Une petite vidéo pour se convaincre qu'on n'est pas pressés !

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5. Le Rendez-vous chez la gynécologue

Alors voilà LE grand moment, celui qui va nous donner le verdict. A savoir si nous arriverons à avoir des enfants, et de quelle manière.

Il y a du rongement d'ongles toute la journée avant, naturellement. Puis, l'attente dans la salle du même nom, en lisant des magazines sans arriver à se concentrer un seul instant dessus (vous connaissez, j'imagine). Naturellement, cette attente porte bien son nom, puisqu'elle est interminable.

Je suis le seul homme dans la salle d'attente, ce qui, au choix, me fait passer pour un gros macho qui ne veut pas que sa gonzesse aille toute seule chez le médecin, ou pour l'élément masculin d'un couple infertile. Parce que je ne vois pas quel autre genre de gars va voir des gynécos en couple.

Bon, comme j'ai l'air gentil, je pense qu'on me prend pour le deuxième, donc en gros, c'est écrit sur notre figure.

Bon, au bout d'un petit quart d'heure, mais qui ressemblait plus à une grande après-midi, nous entrons enfin dans le saint des saints, cet endroit mystérieux que nous appelons cabinet de gynécologie.

Je n'en ai pas découvert grand chose, juste un bureau.

La discussion s'engage de la manière suivante, après les présentations d'usage :

« Bon, j'ai reçu votre spermogramme, je vous propose qu'on commence par parler de ça. Parce qu'il est mauvais, très mauvais ».

S'ensuit une explication un peu plus fournie que celle que j'avais déjà comprise en les lisant moi-même.

Le verdict est sans appel : « Bon, alors voilà, la solution, c'est la FIV (fécondation in vitro, pour ceux qui ne connaissent pas) ». Je vous recommande un hôpital, des médecins, etc.

Bon, alors pour tout vous avouer, moi, la FIV, c'était un peu de la science-fiction, et surtout, je n'imaginais pas qu'on devrait en passer par là. Pour moi, la FIV, c'était Amandine, et je pensais que c'était vraiment pour les couples qui ont de grosses difficultés à concevoir.

Ah... et c'est là que je comprends vraiment : nous somme un couple qui a de grosses difficultés à concevoir. Petit coup de poing dans l'estomac, d'un coup, comme ça...

Bon, au moins on est fixés, ça va être dur, mais ça n'est pas impossible.

En sortant, « bonne surprise » : la consultation était gratuite.

Mon envie est d'aller boire un cognac, un armagnac, une vodka, une Suze, une Salers, une mirabelle et une poire, pour accuser le coup.

Finalement, ce sera une bière et c'est tout. Parce que c'est le milieu de l'après-midi.

Maintenant, il faut prendre rendez-vous à l'hôpital pour un premier rendez-vous.

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09 septembre 2011

4. Les Résultats

Après quelques jours interminables d'attente, l'enveloppe estampillée du laboratoire arrive dans la boîte aux lettres.

Entretemps, j'ai bien sûr eu le temps de me renseigner sur la lecture des résultats, grâce, encore une fois, et je les remercie beaucoup, à toutes celles qui échangent leurs expériences sur les Forums.

Donc, une fois, l'enveloppe reçue, je sais qu'au moment où je l'ouvrirai, je n'aurai qu'à poser mes yeux sur le papier pour savoir si le résultat est bon ou mauvais.

Là, je décide de vous tenir un peu en haleine, pour que vous ne sachiez pas si ce blog s'arrête maintenant ou pas...

Bon allez, il faut bien le dire, le résultat n'est pas bon, mais alors pas du tout...

En gros, pour vous la faire courte, parce que je ne vais pas tout détailler ici, il ressort de l'analyse que :

  • je ne produis pas assez de spermatozoïdes

  • ceux que je produis n'ont pas assez de vitalité, ni de mobilité

  • et enfin, même si ils y arrivaient, ils sont trop nombreux à avoir des formes atypiques, ce qui les empêchera de pénétrer l'ovule.

Donc, en gros c'est la « merdasse »...

Vous imaginez bien que la lecture de ces résultats a été immédiatement suivie d'un moment de déprime intense, puis d'une ruée sur les forums pré-évoqués pour savoir comment ça se passe quand on a ces résultats...

Derechef, nous prenons également rendez-vous chez la gynécologue, pour en avoir une lecture médicale, parce que, après tout, chaque cas étant particulier, il n'est pas dit que...

Bref, nous trouvons tous moyens pour nous rassurer, tout en gardant en tête quand même, que les résultats sont objectivement mauvais.

Alors, vous ajoutez à ça en plus une annonce de copine enceinte (une des dernières résistantes), quelques incertitudes professionnelles, un petit état de tension, et le fait que c'est le week-end et vous avez le cocktail idéal pour quelques jours de déprime.

Bon, heureusement, nous avons rendez-vous chez le médecin, qui nous en dira plus, mais il faut attendre 5 jours, ce qui est un peu long.

C'est à nouveau une étape.

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Rions un peu

ça c'est la pub du moment qui nous fait rire et qui comprend nos pulsions...

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3. Spermogramme (fin)

Bon, eh bien c'est le grand jour. Après avoir scrupuleusement suivi la consigne de 2 à 6 jours d'abstinence sexuelle (ne comptez pas sur moi pour vous dire combien exactement, ça ne vous regarde pas), je me présente au laboratoire dans lequel j'ai pris rendez-vous.

Bon, je remplis un questionnaire, pour créer mon dossier, avec nom, prénom, médecin prescripteur, nom de la compagne (ben oui, on vient pas là comme dans un peep show, on vient là parce qu'on veut des bébés, donc on doit avoir une compagne, c'est logique.), taille, poids (ça non plus vous ne saurez pas),etc.

Puis je vais m'installer dans la salle d'attente, et on viendra me chercher.

Petite remarque : le personnel de ce laboratoire est exclusivement féminin. Il est vrai que c'est une profession dans laquelle les femmes sont représentées de manière très forte, mais faut-il en déduire que les hommes ne veulent pas travailler dans ce genre de services ?

On vient donc me chercher. J'entre dans une pièce, toute médicale, avec un urinoir (vous ai-je dit qu'il ne fallait pas uriner pendant deux heures avant?), un lavabo, un fauteuil genre dentiste, et voilà.

Je dois donc m'installer et répondre encore à quelques questions : à quand remonte mon dernier rapport sexuel, suis-je fumeur, oui ? Combien ?

Ensuite, j'ai les instructions d'hygiène :

« Vous urinez pour vider complètement votre vessie, vous vous lavez les mains, puis vous pratiquez votre toilette intime avec la lingette antiseptique, vous vous relavez les mains, puis vous procédez à la masturbation. Vous éjaculez dans ce pot stérile que vous n'ouvrez qu'au dernier moment, puis vous le refermez aussitôt. Si vous avez besoin de la télé, la télécommande est ici. Une fois terminé, vous laissez votre petit pot. Vous appuyez sur le bouton d'appel, puis vous partez. Je vous laisse, enfermez-vous ».

Ouah...

Bon, ben c'est parti. J'urine, je toilette le tout.

Bon, si j'allumais la télé pour voir ?

Alors là, je dois dire quand même d'abord que je ne suis pas bégueule. Mais que mon dernier contact avec un film pornographique remonte à mes 16-17 ans, lors d'un voyage en Allemagne où j'étais tombé dans un groupe de gros bourrins qui se regardaient des pornos ensemble.

Ah non, il y avait aussi, à la même époque un copain dont le père avait pris un abonnement au câble, à la chaîne XXL. Et ce copain avait même surpris son père un soir. Bref....

Toujours est-il qu'un soir, on était quelques-uns et unes chez lui, et qu'il a mis cette chaîne pendant qu'on discutait, et nous avait sorti le scénario du film qui passait, ce qui, soit voulait dire qu'il n'y a pas grande variété dans les scénarios, soit qu'il l'avait déjà vu.

Donc quand même, je suis pas bégueule, j'ai rien contre l'érotisme ni contre son potentiel excitant, mais ce que j'ai vu en allumant cette télé... imaginez une fellation filmée en gros plan pendant je ne sais combien de temps, avec des gens pas beaux, en plus.

Suis-je bête, parmi vous, y a-t-il peut-être des amateurs...

Mais moi pas.

Je me suis quand même débrouillé, j'ai fermé mon petit pot, me suis lavé les mains et suis parti discrètement.

Bien sûr, après, dans la rue, vous imaginez bien que tous les regards étaient rivés sur moi, il y a même des touristes qui m'ont demandé leur chemin, sûrement pour me mettre mal à l'aise, d'ailleurs, le trajet en métro m'a confirmé qu'ils savaient tous ce que je venais de faire, heureusement je n'ai pas croisé de voisins dans l'escalier (heureusement je n'ai pas d'ascenseur...).

Et donc je suis rentré chez moi un peu traumatisé, mais pas trop, car le plus important, c'est surtout les résultats.

Et c'est la prochaine étape...

08 septembre 2011

2. Spermogramme (suite)

Faire le point, c'est quoi ? C'est constater l'échec de la stratégie de l'attentisme, et se résoudre aux examens.

 Donc, aller faire le fameux spermogramme prescrit, parce que, bien heureusement, nous vivons dans une époque où les femmes ne peuvent plus être tenues pour simples responsables de l'absence d'enfants.

 Quelles sont alors mes connaissances sur le spermogramme ? Aucune, pour ainsi dire. Je sais juste qu'il va falloir analyser mon sperme, et donc qu'il faut que j'en produise. Comment produire du sperme pour l'analyser ? Vous n'imaginez quand même pas qu'ils vont venir le chercher ? Eh bien non ! Il faut se débrouiller. Il faut donc prendre son courage à deux main, si j'ose dire.

 Je prends donc un rendez-vous pour un spermogramme et je commence à me renseigner pour savoir comment ça se passe plus ou moins en détails. J'utilise naturellement l'OUTIL extraordinaire mis à notre disposition pour toutes nos recherches spontanées : Internet. Je fais ceci en croyant naïvement y trouver des témoignages d'hommes en ayant fait.

 Et là, grosse déception : je ne trouve que des témoignages de femmes qui demandent comment ça se passe pour leur mari, frère, copain, homme, chum (oui, il y a des forums québécois aussi). Et des réponses à propos de mari, frère, copain, homme, chum. Donc soit il y a des hommes déguisés derrière toutes ces femmes (surtout celles qui demandent pour leur frère, on peut se demander), soit c'est tellement traumatisant qu'aucun ne veut en parler, soit alors, il y a une pudeur masculine incroyable à ce propos. Et je crois que c'est le cas...

Donc, qu'est-ce-que j'apprends sur le spermogramme ?

D'abord, à quoi ça sert : on va calculer le volume de «l'éjaculat », le nombre de spermatozoïdes qu'il y a dedans, le nombre par millilitre, leur mobilité, leur morphologie, etc. Donc on peut voir si, en gros, ils sont assez forts pour parvenir à leur but ultime : l'ovule.

Ensuite, comment ça se passe : alors, il y a plusieurs manières. Le point commun, c'est qu'il faut recueillir le sperme dans un récipient stérile par masturbation.

Cela peut se faire chez soi, mais en apportant le récipient au laboratoire dans un délai d'une heure, sans en modifier la température.

Sinon, on fait ça seul, au laboratoire.

Ou alors... beaucoup de témoignages de femmes qui ont « aidé » leur homme au laboratoire. Alors ça, très peu pour nous.

Bref, je suis à la veille d'un spermogramme, et je ne sais toujours pas comment ça va se passer exactement.

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07 septembre 2011

1. Spermogramme

Alors, pourquoi un spermogramme ?

D'abord, avant d'en parler, il faut un peu situer le contexte.

Imaginez un couple de trentenaires parisiens qui s'aiment, depuis plus d'une décennie, sans discontinuer.

Imaginez un couple qui a construit sa vie commune, étape par étape.

Imaginez donc, j'ai dit trentenaires, hein, ce qui peut bien leur passer par la tête. Ils vivent ensemble, ils ont une vie professionnelle, une vie sociale, une vie familiale. Brefs, ils sont heureux comme une famille « pâte à tartiner ». Ah, mais non, car pour être heureux comme une « famille », il manque quelque chose (et ça n'est pas la pâte à tartiner, ça c'est bon, y en a)

Bon, ça fait deux ans à peu près qu'ils essayent d'avoir un enfant (depuis leurs 30 ans en fait, c'est un peu une barrière psychologique...). Et en plus, ils sont entourés d'autres trentenaires, qui essayent une fois, et hop, c'est dans la poche (vous n'imaginez pas les pulsions violentes qui parfois les animent : jeter des pierres aux femmes enceintes, tordre le cou aux bébés, pas joli joli tout ça).

Bon bref, ça fait deux ans qu'ils essayent, et il ne se passe rien. Elle en a parlé, il y a un peu à sa gynécologue, qui donc, appliquant la règle suivante : « On définit en général l'infertilité comme l'incapacité de concevoir après avoir eu des relations sexuelles régulières et non protégées pendant un an si une femme est âgée de moins de 35 ans », prescrit au couple une série d'examen à pratiquer , afin de définir qui, comment, pourquoi.

Bon, trentenaires = un peu bêtes... Car au lieu de pratiquer les examens tout de suite (ils ne sont pas tous agréables à passer, surtout pour la femme), ils se disent : « oh attendons quelques mois, pour voir si ça marche et puis on fera le point après ». Les quelques mois se transforment en un an (à cause d'une bonne résolution de premier janvier, en fait...), et puis il y a les vacances, et puis, et puis... Bien sûr, arrive ce que vous imaginez : un interminable cycle d'espoirs-déceptions (je vous jure, il suffit d'un jour de retard dans les règles pour s'emballer), et finalement, rien ne se passe.

Le retour de vacances est donc l'occasion de faire le point.

 

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