Alors voilà LE grand moment, celui qui va nous donner le verdict. A savoir si nous arriverons à avoir des enfants, et de quelle manière.

Il y a du rongement d'ongles toute la journée avant, naturellement. Puis, l'attente dans la salle du même nom, en lisant des magazines sans arriver à se concentrer un seul instant dessus (vous connaissez, j'imagine). Naturellement, cette attente porte bien son nom, puisqu'elle est interminable.

Je suis le seul homme dans la salle d'attente, ce qui, au choix, me fait passer pour un gros macho qui ne veut pas que sa gonzesse aille toute seule chez le médecin, ou pour l'élément masculin d'un couple infertile. Parce que je ne vois pas quel autre genre de gars va voir des gynécos en couple.

Bon, comme j'ai l'air gentil, je pense qu'on me prend pour le deuxième, donc en gros, c'est écrit sur notre figure.

Bon, au bout d'un petit quart d'heure, mais qui ressemblait plus à une grande après-midi, nous entrons enfin dans le saint des saints, cet endroit mystérieux que nous appelons cabinet de gynécologie.

Je n'en ai pas découvert grand chose, juste un bureau.

La discussion s'engage de la manière suivante, après les présentations d'usage :

« Bon, j'ai reçu votre spermogramme, je vous propose qu'on commence par parler de ça. Parce qu'il est mauvais, très mauvais ».

S'ensuit une explication un peu plus fournie que celle que j'avais déjà comprise en les lisant moi-même.

Le verdict est sans appel : « Bon, alors voilà, la solution, c'est la FIV (fécondation in vitro, pour ceux qui ne connaissent pas) ». Je vous recommande un hôpital, des médecins, etc.

Bon, alors pour tout vous avouer, moi, la FIV, c'était un peu de la science-fiction, et surtout, je n'imaginais pas qu'on devrait en passer par là. Pour moi, la FIV, c'était Amandine, et je pensais que c'était vraiment pour les couples qui ont de grosses difficultés à concevoir.

Ah... et c'est là que je comprends vraiment : nous somme un couple qui a de grosses difficultés à concevoir. Petit coup de poing dans l'estomac, d'un coup, comme ça...

Bon, au moins on est fixés, ça va être dur, mais ça n'est pas impossible.

En sortant, « bonne surprise » : la consultation était gratuite.

Mon envie est d'aller boire un cognac, un armagnac, une vodka, une Suze, une Salers, une mirabelle et une poire, pour accuser le coup.

Finalement, ce sera une bière et c'est tout. Parce que c'est le milieu de l'après-midi.

Maintenant, il faut prendre rendez-vous à l'hôpital pour un premier rendez-vous.